16 janvier 2011

c'était avant, l'an dernier, c'était tout différent (3)

Mes pulsions écœurantes me correspondent bien finalement, c'est tout moi dans ce rituel merdique. J'aime ma piètre existence comme je la hais, alors j'avale, pour combler ce vide, je rempli les cases, je noirci l'inexistence. Tout ça en quelques minutes, quelques minutes où je suis plus vivante que jamais, où j'avale la vie, si vite que je ne la savoure même pas, non, juste par peur du manque, ce souvenir de vide qui doit me coller aux os, et ce corps malmené se rempli jusqu'à ne plus pouvoir, jusqu'à débordement. Et là, et seulement là, je me rend compte que le plein, ça n'est pas pour moi, je le renie je le hais, le plein m'effraie. Oui j'ai peur, peur d'être bien, peur de vivre. Je réalise combien j'ai été idiote. Mon corps ne suit plus, mes faibles forces ne supportent pas ce désir de vie, toute cette graisse pourrissante. Les larmes de rages coulent, et le corps qui ne peut plus dit non. Et cette vie me ressort des entrailles. C'est toujours la même histoire. Toujours se dire que non, c'est bon, cette fois il supportera tout sans crise, sans compulsions, il sera sage. Mais toujours l'acide lui remonte à la bouche, à la gorge, cette gorge enflammée qui hurle à la mort parce qu'elle aussi elle n'en peut plus. Parce que, même si je n'en peux plus, j'ai toujours ce désir de vivre qui colle à mes os, qui me colle au sol, qui m'empêche de faillir. Mais parce que quelquefois, il est trop fort, trop douloureux, je le braderais bien, je le donne même, à qui le veut, à qui saurait en faire bon usage. Parce que moi, je n'ai jamais trop su faire. Parce que je n'ai jamais su faire dans la demi-mesure, parce qu'il faut toujours faire les choses en grand, c'est tout ou rien, et comme je veux tout, et bien c'est tout Et rien. Cette folie des grandeurs, je la renie, je n'en peux plus, je crache mon antre, ce fond, ce fond de vie, celui là qui est toujours là finalement, qui reste toujours un peu blotti, même quand ça sort, il reste toujours là. Allez, penche toit, une nouvelle fois, encore une fois, une fois parmi d'autres. Tu sais très bien que quoi qu'il arrive tout ça recommencera, tu te bernes de belles illusions mais tu n'es pas si naïve au fond, tu sais que tu es allienée, que ces crises sont ta vie, et qu'elles recommenceront toujours. Mais puisque ton corps, ta peau, tes os, ta chair, refusent, alors va rechercher avec tes doigts pourrissants, ce trop plein, dégluti ta haine, et penche toi, oui penche toi, et surtout, sois belle, sois belle et tais toi.

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